Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 14:20

S’il y a bien une idée qui a eu la tête dure pendant des années c’est celle selon laquelle au cours d’un effort d’endurance, il n’était pas nécessaire de s’hydrater et qu’au contraire, un apport hydrique pouvait nuire à la performance ! C’est suite à un travail mené par les chercheurs Wyndham CH et Strydom NB sur les dangers que pouvait représenter la déshydratation lors d’un effort de longue durée que la communauté sportive a commencé à prendre en considération l’importance des apports hydriques. Depuis, de nombreuses études ont été conduites sur la thématique de l’hydratation. Il en ressort plusieurs choses.

 

Tout d’abord, une réduction de seulement 1% de la masse corporelle induit une augmentation de la température centrale (température à l’intérieur de l’organisme). Ensuite, une déshydratation importante peut entraîner un malaise avec différents troubles plus ou moins sévères allant de la confusion au coma : c’est le coup de chaleur. Enfin, la baisse de la performance est, d’une façon générale, proportionnelle au niveau de déshydratation.

 

De nombreuses instances ont émis des recommandations en termes d’apport hydrique au cours des efforts d’endurance. Certaines préconisent entre 1 à 2 litres par heure d’effort pour minimiser l’augmentation de la température centrale et les effets délétères de la déshydratation sur la performance. Néanmoins, les données sur la relation hydratation, température centrale et performance sont peu nombreuses. De plus, ce qui peut être vrai lors de la réalisation d’un exercice en laboratoire ne l’est pas forcément en condition « de terrain ». De même, une observation dans un sport n’est pas forcément transférable à un autre sport. Alors qu’en est-il réellement en triathlon ?

 

Un chercheur sud-africain Sharwood KA et son équipe ont réalisé une étude sur des triathlètes participant à un Ironman en Afrique du Sud (température extérieure ~20.5°C, 55% d’humidité relative). Ils ont montré que la diminution de la masse corporelle suite à la course n’était ni associée à une augmentation des complications médicales, ni à une augmentation importante de la température rectale mesurée après la course. Ils ont conclu que lors d’un Ironman réalisé dans des conditions environnementales modérées, la déshydratation n’était pas forcément néfaste à la performance, et qu’une déshydratation légère à modérée n’induisait pas d’augmentation de la température rectale. Il faut souligner un point important. Durant la course, la quantité de liquide ingérée par les triathlètes était libre. Une autre étude menée par l’équipe australienne de Laursen PB sur des triathlètes participant à l’Ironman en Australie (température extérieure ~23.3°C, 60% d’humidité relative) a montré qu’en dépit d’une perte ~3% de la masse corporelle, la température centrale mesurée au cours de l’épreuve n’était en moyenne supérieure que d’1°C par rapport à celle mesurée avant la course. De plus, le niveau d’hydratation des triathlètes était adéquat en fin de course. Ici aussi, la quantité de liquide ingérée par les triathlètes était libre.

 

Alors que conclure de ces deux études ?

 

Tout d’abord que leurs résultats concernant la faible augmentation de la température sont en contradiction avec ceux des études menées en laboratoire. Cela peut s’expliquer par le fait que la vélocité de l’air est beaucoup plus importante dehors qu’en condition standardisée dans un laboratoire.

 

Ensuite, n’oublions pas que les triathlètes étaient libres de boire la quantité de liquide qu’ils souhaitaient. Boire pendant un triathlon est donc nécessaire mais quelle quantité, là est la question et il est difficile d’y répondre. Soulignons qu’une surhydratation en course peut avoir des effets néfastes sur la santé. Un cas a été reporté lors d’un Ironman en Afrique du Sud.

 

Enfin, le résultat probablement le plus important est qu’en triathlon, une perte de 3% de la masse corporelle n’est pas forcément associée à une déshydratation. Cela veut dire que la mesure de la masse corporelle en fin d’effort est peu prédictive du niveau de déshydratation si elle n’est pas associée à d’autres mesures. Pourquoi ? Pendant un exercice prolongé, il y a une libération d’eau par le foie et les muscles lors de la dégradation du glycogène, notre super carburant de l’effort ; 2 à 3 g d’eau étant stockés par g de glycogène.

 

Ainsi, la diminution de la masse corporelle en fin d’exercice ne provient pas uniquement d’une perte de liquide au niveau du compartiment cardio-vasculaire. L’augmentation des stocks de glycogène par des régimes adaptés style Régime Dissocié Modifié avant une compétition est d’ailleurs intéressante pour augmenter le stock d’eau !

 

En conclusion, une bonne hydratation est indispensable pour une performance optimale. Les études montrent que les triathlètes de bon niveau connaissent relativement bien leur besoin et savent s’hydrater. Enfin, retenons que la perte de masse observée après un triathlon n’est pas forcément le reflet d’une déshydratation.

 

Sébastien P.

Par nutritiondusportif.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 15:01

Depuis le temps que j’en parle aux uns et aux autres, voici les résultats d’une très belle étude britannique menée par Chambers et collaborateurs, et publiée dans Journal of Physiology. Nul doute que les résultats vous passionnerons et trouverons un intérêt dans votre pratique sportive quotidienne.

 

Le préambule est que nombre de sportifs rapportent le fait de sentir une amélioration de la performance, ou de la sensation de bien être à l’effort, quand ils ingèrent une boisson sucrée. Là où cela devient intéressant, c’est que bon nombre de ces sportifs rapportent ce phénomène pour des efforts de moins d’une heure ! Ceci dit, cela tombe bien, car les études scientifiques menées sur le sujet montrent effectivement une amélioration de la performance suite à l’ingestion d’hydrates de carbone (les glucides) pendant un effort de moins d’une heure. Bon OK, tout le monde est d’accord et alors me direz-vous ?

 

Justement, c’est que cette augmentation de la performance est difficilement explicable si on regarde les mécanismes énergétiques que je qualifierais de traditionnels sans que cela ne soit péjoratif. C’était sans compter la brillante idée de Chambers et collaborateurs !

 

Ils ont tout simplement, encore fallait-il y penser, émis l’hypothèse que la présence de sucre dans la bouche permettait d’activer certaines aires du cerveau qui influencent les émotions et notre comportement. Concrètement, sur un effort d’approximativement 1 heure en vélo, ils ont montré une amélioration de la performance chez les sportifs qui s’étaient rincés la bouche avec une solution contenant du glucose (64 g par litre d’eau), et chose passionnante, cette augmentation de la performance était associée à une activation de certaines zones du cerveau !!! Pour ceux qui voudraient essayer avec des édulcorants, désolé, cela ne fonctionne pas.

 

Quel mécanisme ? Nous aurions des récepteurs au sucre dans la bouche qui serait liés à certaines zones du cerveau.

 

Concrètement sur le terrain ? Lors d’un 10 km, par exemple, après 10 à 15 minutes de course, rincez-vous la bouche avec 250 mL de d’eau contenant 16 g de sucre et c’est reparti !

 

Sébastien P.

Par nutritiondusportif.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 09:26

Bonjour à toutes et tous,

 

Beau commentaire de Jérémy (Okidosport) sur la vitamine B1.

 

L'histoire : prenez trois gars en fin de salon UTMB (Jérémy Jean-Louis, Anthony Berthou et moi-même) et mettez les dans un beau resto (type l'M à Cham, avec un petit génépi !), ça donne quoi ? Une belle discussion autour de la vitamine B1, sujet lancé par Isabelle Mischler (Isabelle, il ne manquait plus que toi à la table).

 

En effet, d'un point de vue réglementaire strict, la vitamine B1 est obligatoire dans les produits de l'effort. Néanmoins, certains produits (que je nommerais pas) n'en contiennent pas et utilisent l'appellation produits de l'effort. D'un point de vue réglementaire, tout le monde est d'accord, elle est obligatoire.

 

Néanmoins, la question que l'on a soulevé avec Anthony est : cette vitamine est-elle vraiment nécessaire à l'effort ? Je ne le pense pas (et lui non plus d'ailleurs). Mes arguments viendront dans un article ultérieur.

 

Alors, plutôt que de dire que les produits qui n'en contiennent pas ne sont pas des produits de l'effort au sens réglementaire strict, je lancerais plutôt un autre débat : la réglementation est-elle en adéquation avec la réalité scientifique des besoins des sportifs à l'effort ? Et là c'est un grand NON.

 

Au final, pour les produits qui ne contiendraient pas de vitamine B1, sportifs et sportives ne vous inquiétez pas, ce n'est pas très grave.

 

Sébastien P.

Par nutritiondusportif.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 15:49

L’alimentation au cours d’un effort de longue durée est un facteur déterminant, non seulement pour la performance, mais aussi pour se sentir mieux dans sa course et prendre tout simplement plus de plaisir.

 

On peut souvent lire sur différents supports que les nutriments importants en course sont les glucides (glucose, fructose et maltodextrines entre autres), le sel et quelques autres minéraux et vitamines. Mais n’y a-t-il pas d’autres nutriments intéressants pour le coureur, qu’il soit amateur ou professionnel ?

 

En réalité, il en existe plusieurs, et en particulier, les fameux Acides Aminés Branchés (ou BCAA pour Branched-Chain Amino Acids en anglais). D’ailleurs, de nombreuses équipes de recherche spécialisées en Sciences du Sport portent un grand intérêt à la consommation de BCAA lors de la réalisation d’un exercice de longue durée.

 

Les BCAA sont des acides aminés qui au niveau structurel constituent approximativement un tiers des protéines du muscle squelettique (muscles qui nous permettent notamment de courir). De façon schématique, nous pouvons dire que ces muscles sont faits entre autres de BCAA. En plus de leur rôle de matériaux de construction, ils interviennent également dans différents processus biologiques importants lors d’un effort.

 

On qualifie les BCAA d’acides aminés essentiels car l’organisme ne sait pas les synthétiser. On doit donc les apporter en quantité adéquate par notre alimentation. Les BCAA sont au nombre de trois : la leucine, l’isoleucine et la valine.

 

Concrètement, quels sont les intérêts à en consommer pendant un effort de longue durée ?

 

On peut en voir trois en particulier.

 

Premièrement, lors d’une course de longue durée, l’organisme utilise les BCAA des muscles pour produire de l’énergie, induisant ainsi une dégradation de l’architecture de nos muscles. Or, les études scientifiques montrent que consommer des BCAA pendant un exercice permet justement de diminuer cette dégradation.

 

Deuxièmement, la consommation de BCAA pendant l’effort peut être bénéfique pour économiser le glycogène musculaire, notre « super carburant » de l’effort. Il est important de souligner qu’une diminution importante de ce carburant entraîne l’apparition de la fatigue et potentiellement l’arrêt de l’exercice. Ainsi, toute stratégie qui vise à économiser les stocks de glycogène pendant un effort sera intéressante pour améliorer la performance ou tout simplement courir mieux pour prendre davantage de plaisir.

 

Enfin, l’apport de BCAA pendant un effort de longue durée est intéressant pour agir sur ce que l’on appelle la fatigue centrale. Pour simplifier, on peut dire que la consommation de BCAA pendant ce type d’effort peut diminuer la « fatigue nerveuse ». Ainsi, en conservant un certain niveau d’excitation pendant l’effort, la prise de BCAA pourra contribuer à améliorer la performance et/ou la sensation de bien-être en course. Plusieurs études ont été conduites sur ce sujet. On peut notamment citer une étude menée par Eva Blomstrand, experte de niveau international en physiologie du sport exerçant à l’Institut Karolinska en Suède, qui a montré que l’ingestion de BCAA pendant un marathon permettait d’améliorer la performance d’approximativement 3% chez les coureurs bouclant les 42,195 km en plus de 3h05. Cette amélioration peut sembler mineure mais il ne faudrait pas oublier que cela peut représenter entre 5 et 6 minutes sur le temps total, soit un gain de 250 à 600 places ! Pas si mal que ça pour un nutriment autre que les glucides…

 

Pour conclure, nous venons de voir qu’il existe des nutriments intéressants, autres que les glucides notamment, à consommer lors de la réalisation d’un exercice. Les BCAA en sont en bel exemple.

 

Il faudra retenir que leur consommation lors d’un effort de longue durée :

1) permettra de réduire la dégradation de nos muscles actifs,

2) pourra contribuer à moins diminuer les stocks de glycogène, notre « super carburant » de l’effort,

3) sera particulièrement intéressante dans l’objectif de diminuer cette fameuse « fatigue nerveuse ».

 

L’ensemble de ces éléments intéressera les sportifs recherchant la performance, mais aussi tous ceux qui cherchent à courir le plus longtemps possible dans les meilleures conditions, en d’autres termes à courir mieux. Enfin, pour avoir un effet, nous retiendrons que la quantité de BCAA ingérée devra en tout état de cause être de l’ordre du gramme par heure pour obtenir un effet.

 

Sébastien P.

Par nutritiondusportif.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 15:12

Me voici de retour à la Rochelle après un salon UTMB super sympa. A tous les coureurs de l'UTMB et de la TDS, je partage le désaroi face à cette annulation. Fallait-il vraiment l'annuler ou pas, je ne sais pas. Je n'étais pas là haut, alors je ne me permettrais pas de donner une opinion sans informations précises.

 

Je viens de rajouter un lien, celui de Laurent Valette. Allez voir son blog, c'est très sympa.

 

Le prochain sujet : les maltodextrines avant une course, qu'en est-il réellement ?

 

A bientôt

 

Sébastien P.

Par nutritiondusportif.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Profil

Partager

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus